Les chiffres d'abord
1er septembre 2026 — toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir une facture électronique. Sans exception de taille. Sans exception de régime.
1er septembre 2027 — les TPE, PME et micro-entreprises devront émettre leurs factures au format électronique. C'est dans treize mois.
Plus de 110 plateformes sont déjà agréées par l'administration fiscale. La liste est publique et gratuite à consulter.
15 € par omission ou inexactitude constatée sur une facture. 50 € par facture non émise au format électronique quand l'obligation vous concernera. 500 € si, après mise en demeure, vous n'avez toujours pas de plateforme pour recevoir.
C'est 12. Douze jours. Et l'action à mener dans ces douze jours prend une demi-journée, pas un trimestre.
Le fait contre-intuitif : votre régime de TVA ne vous protège de rien
C'est la phrase que j'entends le plus depuis six semaines, sur les chantiers comme au téléphone : « Moi je suis en franchise en base, je ne facture pas de TVA, donc je ne suis pas concerné. »
C'est faux. Et c'est probablement l'erreur la plus coûteuse du moment dans le bâtiment.
Le régime de TVA n'a aucun effet sur l'obligation. Franchise en base, réel simplifié, réel normal : le texte ne fait aucune distinction. Ce qui déclenche l'obligation, c'est d'être une entreprise assujettie à la TVA établie en France — et un artisan en franchise en base est assujetti. Il ne collecte pas la taxe, ce qui est autre chose.
L'auto-entrepreneur maçon qui facture 34 000 € par an est exactement dans le même périmètre que l'entreprise générale de cent salariés. Même date, même obligation de réception.
On va beaucoup vous vendre, ces prochaines semaines, l'urgence de « passer à la facture électronique ». Or ce qui est obligatoire dans douze jours, ce n'est pas d'émettre : c'est de pouvoir recevoir. Et recevoir ne demande, dans la plupart des cas, ni de changer de logiciel de devis, ni de refaire vos modèles de facture, ni de former qui que ce soit. Ceux qui vous appellent en agitant le 1er septembre vous vendent la mise en conformité de 2027 au prix de l'urgence de 2026. Ce n'est pas illégal. C'est juste cher.
Ce que dit exactement le texte
Je ne vous demande pas de me croire. Voici où c'est écrit.
L'obligation d'émission figure à l'article 289 bis du Code général des impôts. C'est lui qui impose la transmission des factures par une plateforme agréée, et lui qui fixe le format.
Le régime de sanctions est à l'article 1737 du Code général des impôts, renforcé par la loi de finances pour 2026 : 15 € par omission ou inexactitude sur une facture, 50 € par facture non émise au format électronique, 500 € en cas d'absence de plateforme de réception après mise en demeure.
Le calendrier a été fixé par la loi de finances pour 2024, puis précisé par le décret et l'arrêté du 27 juillet 2026, qui ont arrêté les modalités techniques applicables au 1er septembre.
L'administration a annoncé une tolérance pour les entreprises rencontrant des difficultés réelles de démarrage au 1er septembre. Cela ne veut pas dire que la date est repoussée : une entreprise de bonne foi, engagée dans la démarche, ne sera pas sanctionnée le 2 septembre au matin. Ne construisez pas votre stratégie là-dessus. Une tolérance n'est pas un droit.
Les 42 dépenses du quotidien traitées une par une — péage, stationnement, restaurant en B2B, cadeaux d'entreprise, achat en boutique —, les 45 cas particuliers de la norme AFNOR, la liste des 147 plateformes agréées et 70 questions-réponses.
Ce qui change vraiment dans votre semaine de travail
Passons du texte au chantier. À partir du 1er septembre :
Vos fournisseurs vont commencer à vous facturer autrement. Point P, Rexel, votre loueur d'échafaudage, votre carburant : les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire ont, elles, l'obligation d'émettre dès le 1er septembre 2026. Leurs factures ne vous arriveront plus par mail en PDF. Elles transiteront par une plateforme.
Si vous n'avez pas de plateforme, vous ne recevez plus ces factures. Pas « vous les recevez en retard » : vous ne les recevez pas. Et une facture d'achat non reçue, c'est une dépense non rattachée à son chantier, une TVA non récupérée pour ceux qui y sont soumis, et un compte fournisseur qui dérive sans que personne ne s'en aperçoive avant la relance.
L'amende de 500 € après mise en demeure est désagréable. Une saison entière de factures fournisseurs qui ne se rattachent à aucun chantier, c'est votre marge réelle qui devient illisible pendant six mois — et une marge illisible, c'est un devis suivant mal chiffré.
Un point que personne ne mentionne : vos clients professionnels vont vous demander vos coordonnées de plateforme. Les agences immobilières, les syndics, les entreprises générales pour lesquelles vous sous-traitez. Celui qui répondra « je ne sais pas de quoi vous parlez » en octobre passera pour ce qu'il n'est pas : une entreprise mal tenue.
Ce que je ne peux pas vous promettre
Je ne peux pas vous promettre que le calendrier ne bougera plus. Cette réforme a déjà été reportée deux fois. Un troisième report du volet 2027 n'est pas impossible. En revanche, l'échéance de réception du 1er septembre 2026 est confirmée par les textes de juillet. Préparer la réception est utile quoi qu'il arrive ; se précipiter sur l'émission l'est beaucoup moins.
Je ne peux pas vous dire quelle plateforme choisir à votre place, et je me méfierais de quelqu'un qui le ferait. Plus de cent solutions sont agréées, leurs tarifs vont de la gratuité à plusieurs centaines d'euros par an, et le bon choix dépend de votre logiciel de comptabilité, de votre expert-comptable et de votre volume. Un conseil qui ne pose pas ces trois questions n'est pas un conseil, c'est une commission.
Et voici la limite qui ne m'arrange pas : pour la majorité des artisans que j'accompagne, se mettre en conformité pour le 1er septembre ne nécessite aucune prestation payante. Votre expert-comptable propose très probablement déjà une plateforme, souvent incluse. Commencez par l'appeler. Si la réponse suffit, vous n'avez besoin ni de moi, ni de personne d'autre.
Par où commencer, concrètement
Cinq actions. Aucune ne demande d'acheter quoi que ce soit.
D'ici vendredi — appelez votre expert-comptable et posez une seule question. « Est-ce que la plateforme que vous utilisez me permet de recevoir mes factures électroniques au 1er septembre, et sous quel numéro dois-je être identifié ? » Neuf fois sur dix, la réponse règle le sujet en dix minutes. Notez le nom de la plateforme et l'identifiant par écrit.
D'ici le 27 août — vérifiez que votre SIRET est à jour. L'annuaire qui aiguille les factures repose sur votre numéro SIREN et vos SIRET. Un établissement fermé mais non radié, une adresse obsolète, et une facture peut partir dans le vide. C'est le genre de détail qu'on découvre trois mois trop tard.
D'ici le 31 août — prévenez vos trois principaux fournisseurs. Un mail suffit : « à compter du 1er septembre, adressez vos factures via [plateforme], SIRET [numéro] ». Ce sont eux qui émettront en premier ; autant qu'ils sachent où livrer.
Le 1er septembre — vérifiez que vous recevez. Ouvrez la plateforme. Regardez si quelque chose arrive. Une boîte de réception qu'on n'ouvre jamais ne vaut pas mieux que pas de boîte du tout.
Avant le 31 décembre — et pas avant — regardez le volet émission. Vous avez treize mois. Utilisez-les pour choisir sans pression une solution qui produit vos devis et vos factures avec vos mentions obligatoires, plutôt que pour souscrire dans l'urgence à ce qu'on vous aura appelé pour vendre.
Le vrai sujet n'est pas la facture. C'est ce qu'elle révèle.
Une réforme administrative ne crée jamais un problème. Elle rend visible celui qui existait déjà.
Les entreprises du bâtiment qui vont passer septembre sans y penser sont celles qui savent déjà où sont leurs factures, à quel chantier elles se rattachent et ce que chaque affaire a réellement laissé. Celles qui vont passer trois semaines dessus sont celles qui cherchaient déjà leurs tickets dans la boîte à gants.
Le 1er septembre ne va pas désorganiser les entreprises organisées. Il va rendre l'écart mesurable — et cet écart-là, vos clients professionnels vont commencer à le voir.
Tout ce que cet article n'a pas la place de dire
Ce que vous venez de lire tient en huit minutes. Le dossier complet fait 64 pages et il est gratuit : les 42 dépenses du quotidien traitées une par une, les 45 cas particuliers de la norme AFNOR, la liste des 147 plateformes agréées, un rétroplanning daté, 70 questions-réponses, deux modèles de courriel à envoyer à vos fournisseurs. Aucune contrepartie, aucun rappel commercial si vous n'en voulez pas.
Et pour la suite, quand cette échéance sera derrière vous : Renovacio rattache chaque dépense à l'affaire qui l'a générée et vous dit ce que chaque chantier vous a réellement laissé. Ouverture en novembre 2026, 30 jours d'essai sans carte bancaire.
Les échanges s'y poursuivent avec des artisans, des entreprises du bâtiment et des professionnels de l'immobilier. Vos questions et retours d'expérience y sont les bienvenus.
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Sources
impots.gouv.fr — Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 — consulté le 20 août 2026
impots.gouv.fr — À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? — consulté le 20 août 2026
impots.gouv.fr — Facturation électronique et plateformes agréées — consulté le 20 août 2026
Légifrance — Article 1737 du Code général des impôts — consulté le 20 août 2026
Légifrance — Article 289 bis du Code général des impôts — consulté le 20 août 2026
economie.gouv.fr — Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises — consulté le 20 août 2026
Compta Online — Facturation électronique : décret et arrêté du 27 juillet 2026 — consulté le 20 août 2026
Cet article présente une information générale à jour au 20 août 2026. Il ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique. Votre situation dépend de votre régime, de votre activité et de vos outils : adressez-vous à votre expert-comptable, et à l'administration fiscale via le portail impots.gouv.fr, avant toute décision.